Le temps qui passe

Lundi dernier j’ai pris la route avec mon mari après avoir laissé nos enfants en de bonnes mains pour aller rendre un dernier hommage à une personne de ma famille.

C’était un de mes oncles paternels. Je le savais malade mais je ne pensais pas que la vie serait ainsi et nous priverait de sa présence. Il est trop tard maintenant et seuls me restent les regrets. Regrets de ne pas avoir été le voir comme je lui écrivais si souvent.

Lundi j’ai repris la route qui mène chez lui dans la Haute Landes. Toute la route des souvenirs ont afflué, mon cœur se serrait de plus en plus au fur au à mesure des kilomètres écoulés.

Chaque dimanche ou presque mes parents, ma sœur et moi prenions cette route pour aller rendre visite à mes grands parents paternels mais tout a pris fin un beau jour, le 12/08/1997. Je m’en souviens comme si c’était hier. Ma grand mère a suivi son mari, son époux depuis presque 60 ans.

Mais déjà depuis un peu plus de deux ans ce n’était plus tout à fait la même route puisqu’à la mort de mon grand père elle était partie vivre avec son fils dans un autre village.

Une route que j’empruntai donc le cœur léger étant jeune mais là j’y partais pour dire adieu, un adieu définitif, de celui que l’on dit à ceux que l’on ne reverra plus jamais.

Je l’ai faite cette route en pensant à ceux que j’aime encore et qui ont toujours une grande place dans mon cœur, mon papi, ma mamie, Claude, mon oncle et maintenant toi André.

Mais pourquoi je n’ai pas pris la voiture avec mes enfants pour venir te rendre visite ainsi qu’à ton épouse, toi que je n’avais pas vu depuis si longtemps, depuis ce jour où j’avais dit adieu à notre enfance à tout jamais car plus rien ne serait pareil sans eux.

Suite au décès de ton petit frère tu étais parti vivre dans les îles, une lubie, une folie. Je ne sais et beaucoup de personnes vous avaient certainement critiqués de ce choix de vous éloigner de ce pays, de votre famille mais c’était votre choix.

Nous échangions épisodiquement par mail, je t’avais envoyé les faire parts de naissance de mes deux grands avant de recevoir une lettre de toi m’annonçant ton retour ici dans la maison que j’avais connue enfant, leur maison à mon oncle et ma tante et combien de fois m’as -tu dit que tu voulais connaître mes enfants, mon mari et moi je retardais toujours, ne prenant pas le temps de rendre visite aux gens que j’aime.

Ne me restent que les regrets et le souvenir des beaux jours. Je ne t’aurais pas vu vieillir et je garde de très belles images de toi. Lundi fut une journée de deuil mais aussi une journée de retrouvailles.

J’ai retrouvé ma famille et je me suis rendue compte qu’ils me manquaient. Lundi je suis allé dans ton village et finalement je ne connaissais pas, dans l’église pour t’accompagner sur un petit bout de chemin, le reste pour moi était simplement réservé aux plus intimes, ton épouse, enfants et petits enfants enfin ceux présents.

Tu as eu un très bel hommage lu par ta belle fille, des paroles qu’aurait pu dire ton dernier petit fils âgé d’à peine 16 mois. Il a eu la joie de te connaître et toi de profiter de lui avant que la mort n’en décide autrement. Pendant sa lecture les larmes coulaient sur mes joues, des larmes que je n’ai pas réussi à verser à l’annonce de ta mort je n’y croyais pas ou je ne voulais pas le croire.

Pour t’accompagner à la fin ce fut un bel hommage. La chanson Estelle de Lama a résonné au cœur de l’église et là je n’ai pu  me retenir de pleurer et de repenser à papi qui la chantait et la dernière fois que je l’ai entendu c’était également dans une église pour l’accompagner également.

Vous pouvez l’écouter .

Lundi j’ai revu ma tante à qui j’ai affirmé que j’irai la voir mais je sais qu’elle sera là pour me le rappeler ou elle viendra. Elle a besoin de voir du monde et ces dernières années elle les a vécu auprès de son mari malade et qui sortait très peu.

L’occasion de voir un de mes cousins, ton fils aîné, de faire connaissance avec sa compagne, de revoir sa fille aînée. J’ai ainsi appris qu’ils vivaient pas très loin de chez moi. On s’est promis de se revoir un jour et ne pas attendre des moments comme çà.

J’ai eu un pincement au cœur de savoir que ton second fils et vous ne vous parliez plus depuis des années. Je me dis que tu n’as pas revu tes petits enfants avant de partir et que eux sont privés d’un grand père qui devait être formidable.

Je lui en veux un peu à ce cousin de ne pas avoir fait la démarche de venir t’accompagner dans ce dernier voyage. Il a ses raisons mais face à la mort nous sommes petits et nous devons avoir le respect de nos parents même si pour telle ou telle raison nous ne nous adressions plus la parole mais devant la mort on oublie les griefs.

Voilà, tu es partie et de là haut tu nous regardes apaisé, soulagé. Tu ne te verras plus diminuer impuissant face à cette maladie qui te frappait et te faisait oublier des choses.

Adieu André, tu resteras à jamais dans mon cœur. Veille de là haut sur eux et envoie le bonjour à papi, mamie et Claude. Dis leur qu’ils me manquent.

Dites à ceux à qui vous tenez que vous les aimez et profitez d’eux à chaque instant.

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7 réflexions sur “Le temps qui passe

  1. Tu as très bien exprimé les pensées qui nous assaillent dans ces cas-là. Des promesses ont été faites, même si ce n’est pas souvent, il faudra penser à les tenir pour ne pas vivre que de regrets ! Bisous

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